20 février 2019, par Déborah Ades, Michaël Vilbenoit

Rendre les élèves acteurs avec la e-éducation

La Classe numérique au Lycée professionnel Jean Moulin, Le Chesnay, 78

Une classe numérique, sans cartable pour impliquer les élèves

LYC PROF JEAN MOULIN - LE CHESNAY

e-éducation Lycée Bassin de Plaisir-Versailles


Quatre ans après la création d’une classe numérique, le bilan est positif et l’établissement s’engage pour transposer cette pratique dans d’autres filières. Quels sont les tenants et les aboutissants de la démarche ?
Rencontre avec le M. Bosco, Chef d’établissement, les enseignants et les élèves pour faire le point :

Monsieur Bosco, chef d’établissement

On supprime le cartable et les cahiers. C’est radical.

« En 2014, nous faisions le constat suivant : des élèves arrivaient dans l’établissement sur un 4e voire un 5e choix, avec une orientation souvent par défaut et un constat d’échec prévisible.
Pour changer cela, deux axes font l’objet de notre travail :

  1. Le concept de Classe Numérique est mis en place : on passe au tout informatique pour rendre attractive la formation du BAC PRO électronique ;
  2. Avec l’aide de l’inspection, la filière évolue vers un Bac Pro SN (Systèmes Numériques).

L’idée, c’est que ce sont des élèves plus intéressés par l’outil informatique que par le stylo et la gomme, donc on change de paradigme. On supprime le cartable et les cahiers. C’est radical. Les secondes et les premières ont un espace banalisé avec un ordinateur attribué. Ce sont les enseignants qui vont dans la salle où se trouvent les élèves. Les cours numérisés sont déposés sur la plateforme Éléa proposée par la Dane. Le plateau technique est adapté en conséquence. En terminale, ils repassent progressivement à une pédagogie « avec stylo » pour les préparer aux épreuves d’examen.

Bien entendu, on forme les équipes pour travailler sur les plateformes et notamment sur Éléa. C’est Monsieur Najari, le référent e-éducation, qui s’en charge chaque année depuis le début du projet.

Ces deux changements se sont faits en même temps donc c’est corrélatif. La formation réseau allait de pair avec l’idée d’un tout numérique. Le bilan est très positif : le taux d’attractivité est vraiment très élevé. On démarre à 15 élèves, et on finit à 16. Depuis deux ans, on oscille entre 95 et 100% de réussite à l’examen final. Cela étant, il y a eu un coût pour l’établissement. Récemment, nous avons investi dans des tablettes.

Il nous reste à travailler sur la poursuite d’études. Mais, le dispositif Classe numérique semble avoir tellement bien fonctionné que l’on prévoit de transposer cette organisation sur d’autres voies professionnelles. L’objectif est de redonner envie aux élèves de s’engager dans cette filière qui offre de nombreuses perspectives d’emploi. »

La salle informatique Le TNI est l'un des outils disponibles ; il facilite la communication entre les élèves

Les élèves

On révise quand on veut.

« On utilise surtout Éléa en classe pour que les professeurs nous donnent accès aux cours. Du coup, on révise quand on veut. On peut aussi déposer des devoirs dans des casiers virtuels, réaliser des exercices en ligne. C’est pratique, rapide, on n’a plus d’excuse pour perdre les feuilles. Et puis, c’est plus logique pour notre génération d’être sur support numérique. Des fois, on écrit sur des feuilles quand c’est nécessaire, c’est important quand même. Éléa, ça nous permet d’être plus autonomes en classe comme à la maison.

Nos parents aussi apprécient. Mais pour autant, on n’a pas le droit de sortir nos téléphones en classe, ou juste pour noter les devoirs, dans certaines matières.
Comme on a accès aux cours tout le temps, on se concentre mieux pendant l’atelier. C’est une filière où il faut être passionné et comprendre ce qu’on fait. Avoir accès aux leçons quand on veut, ça aide vraiment. »

Chaque élève dispose de son environnement de travail numérique

Monsieur Najari, Professeur de l’enseignement professionnel de spécialité et référent e-éducation de l’établissement : Éléa, professeur d’électronique

Cela donne une certaine identité à la classe et à l’établissement.

« Quand je suis arrivé, j’ai mis en place un Moodle, une plateforme d’apprentissage en ligne, que j’administrais moi-même avec l’accord de mon chef d’établissement. Puis en 2016, un collègue m’a dit qu’il existait Éléa, donc on s’est proposé pour l’expérimentation. C’est une réelle plus-value de ne pas avoir à gérer Éléa, d’autant que l’interface est plus sympathique.

De façon générale, les élèves adhèrent au concept de Classe numérique, mais cela me permet aussi de bien mieux intégrer les élèves dits « à besoins particuliers ». J’ai des élèves autistes, souvent passionnés d’informatique, et le fait d’être devant un ordinateur facilite la communication. Ils sont plus à l’aise. Pour certaines dyslexies, cela permet aux élèves de surmonter plus facilement leurs difficultés.

Mon rôle en tant que référent numérique est avant tout de former les collègues, ceux de l’équipe Classe numérique à chaque rentrée, mais aussi tous ceux que cela intéresse dans l’établissement. Je leur explique tout ce qui est proposé. Après, je les aide au cas par cas, selon leurs disciplines et nous échangeons sur nos usages. C’est parfois difficile de convaincre les collègues de franchir le pas du numérique. Alors, c’est important d’être là pour les aider à prendre en main la plateforme à leur rythme. Puis, cela donne une certaine identité à la classe et à l’établissement.

Ce qui revient d’abord, c’est qu’Éléa permet l’allégement des impressions, la centralisation des documents. Bien souvent, c’est aussi une manière pour les élèves d’apprendre de façon plus active, plus responsable. Ensuite, certains professeurs trouvent que cela isole les élèves derrière les ordinateurs, d’autres trouvent que le climat est plus apaisé. Je crois que ça dépend de la façon dont on le met en œuvre dans la classe. Dans mes cours, ils passent du support informatique à l’atelier rapidement, le numérique vient en appui de la pratique professionnelle. »

Les travaux numériques et en atelier sont étroitement liés L'image pérennise les points clés de l'activité

Monsieur Bouanane, Directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques (DDFPT)

Le seul objectif, c’est de faire réussir nos élèves.

« On souhaiterait transposer cette dynamique dans une autre filière dans le froid et conditionnement de l’air, voie qui rencontre des difficultés à attirer un public. Ils vont travailler d’une autre manière avec des ordinateurs portables dans une logique un peu plus « nomade ». Mais, il va falloir former ces nouvelles équipes. Ensuite, nous avons pris le parti de ne pas imposer ce dispositif aux enseignants. Ils doivent être volontaires. On leur laisse le temps de s’approprier la démarche et l’outil.

L’inspection soutien la démarche et accompagne l’établissement. La Classe numérique suppose un coût humain et matériel, et donc nous avançons pas à pas.

Mais au fond, le seul objectif, c’est de faire réussir nos élèves. »

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